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Avec la crise économique liée à la Covid19, l’avenir sera-t-il à la semaine de quatre jours ?

Nouveaux usages au travail | 15 janvier 2021
Avec la crise économique liée à la Covid19, l’avenir sera-t-il à la semaine de quatre jours ?

La première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a évoqué, en mai dernier, la semaine de 4 jours comme un moyen de relancer l’économie du pays. Il y a quelques jours, la filiale néo-zélandaise d’Unilever a sauté le pas en annonçant une expérimentation sur une année. En France, une poignée d’entreprises se sont aussi lancées en pionnières. Et si c’était ça, l’avenir du travail ?

 

Plus de 60 % des Français souhaiteraient la mise en place de la semaine de quatre jours (selon l’étude The Workforce View in Europe 2019 menée par le cabinet ADP). Un jour de travail en moins et, idéalement, un salaire qui ne change pas, il faut dire que l’idée mérite qu’on s’y attarde… Dans le secteur des loisirs notamment, très impacté par la crise, ce concept pourrait être une véritable bouffée d’air : les clients ayant plus de temps, l’activité pourrait vite être boostée et les embauches se multiplier. 

 

Les salariés, grands gagnants du passage à la semaine de quatre jours ?

Dans un monde où l’on cherche de plus en plus à préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, la semaine de quatre jours apparaît pour les salariés, et pour une poignée d’entreprises aujourd’hui, comme une solution à étudier. Les entreprises qui ont tenté l’aventure, comme Welcome to the jungle en France (voir encadré), s’en sont – pour beaucoup – félicitées. Elles ont observé une baisse du niveau de stress chez les salariés, une amélioration de l’équilibre vie pro, vie perso, et en prime, une hausse de la productivité horaire – 40 % en plus pour Microsoft au Japon qui a tenté l’aventure sur un mois. Les raisons ? Plus de repos, une meilleure santé des collaborateurs, et davantage de temps pour concilier les obligations professionnelles et les obligations de la vie courante. Lorsqu’on passe à la semaine de quatre jours, on n’a plus à demander des congés, ou une modulation des horaires pour un jour, pour se rendre à un rendez-vous médical ou administratif. Or, qui n’a jamais connu le stress de devoir laisser une tâche inachevée derrière soi, ou d’être suspendu à la décision d’un manager pour la demande de congé ? Les collaborateurs qui travaillent un jour de moins par semaine pratiquent par ailleurs un sport, ou s’adonnent à un loisir plus facilement. Ils ont plus de temps pour s’occuper de leur famille. En bref, ils déconnectent !

 

 L’exemple français de Welcome to the Jungle

Depuis juin 2019, le media Welcome to the Jungle expérimente la semaine de 4 jours. Transparents sur la question, ils ont mis en ligne un documentaire sur l’expérience, sur la plateforme Welcome Originals, et exprimé, dans une tribune publiée sur Usbek & Rika, les difficultés du départ, la manière dont l’expérimentation a été conduite et finalement, leur satisfaction aujourd’hui : « Notre satisfaction au travail est restée la même; celle qui est liée à notre famille a augmenté. Nos discussions informelles le prouvent : nous sommes plus reconnaissants par rapport à notre entreprise, nous sommes conscients du cadeau qui nous est fait – même si souvent ce sont nos amis ou conjoints qui nous le rappellent – et nous avons envie de réaliser nos objectifs ainsi que de les faire vivre – particulièrement dans une période économique tendue. » 

Et les entreprises dans tout ça ?

“Notre objectif est de mesurer la performance sur la production, pas sur le temps, nous pensons que l’ancienne façon de travailler est passée et n’est plus adaptée.” Nick Bangs, patron de la branche néo-zélandaise d’Unilever a ainsi expliqué son choix de passer à la semaine de quatre jours, au moins le temps de voir si l’expérience sera concluante. Mais comment peut-on maintenir le niveau de production d’une entreprise avec des collaborateurs qui sont là un jour de moins dans la semaine ? Sans verser dans la caricature, des salariés qui ont la possibilité de prendre davantage soin de leur vie personnelle, de leur santé, qui sont moins fatigués et moins stressés, sont, en toute logique en pleine possession de leurs moyens au moment de réaliser leur travail. Ils sont plus efficaces. Sans oublier que lorsqu’on a un jour de moins, on est davantage concentré sur ce que l’on a à faire, plus investi, et on priorise les tâches, on se disperse moins. Si l’on pousse le raisonnement, des salariés qui sont plus productifs rendent l’entreprise plus performante et cette dernière peut même finir par embaucher. En meilleure forme, ils ont également moins d’arrêts de travail, ce qui est une source d’économie pour l’entreprise et facilite la gestion des équipes.

 

La démarche a pourtant un bémol. Tout ceci est valable pour des métiers où la performance est liée à la productivité. Dans le cas de professions où la performance est liée au temps de présence, (personnel d’accueil, agent de sécurité…) la mise en place de la semaine de quatre jours trouve plus difficilement un écho favorable côté entreprises. Et c’est là que le bât blesse, car dans le cas d’une généralisation de la semaine de quatre jours, celle-ci pourrait être une source d’inégalité entre secteurs, et entre corps de métiers. Si le modèle s’étend, la question sera assurément soulevée, et des compensations seront peut-être à trouver.

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